Officiellement, John est en prison pour avoir placardé le tribunal de Privas d'affichettes par lesquelles il dénonçait une juge de pédophilie.

 

LACHAMP-RAPHAEL   Il avait relayé des accusations de pédophilie à l'encontre d'une juge pour enfants

Article du Dauphiné, 20 Décembre 2014

Le prévenu avait placardé des affiches sur les murs du tribunal de Privas. Capture d'écran Google MapsLe prévenu avait placardé des affiches sur les murs du tribunal de Privas. Capture d'écran Google Maps

John Hodgkinson a 61 ans, de l’assurance à revendre et un délicieux accent anglais, qui fait rire le public quand il demande à la présidente du tribunal correctionnel d’Avignon d’arrêter de lui couper la parole. Poli, cet Ardéchois d’adoption, par ailleurs leader du “Parti radical de France”, souhaite à tous une excellente soirée quand l’escorte l’emmène en cellule à la fin de son procès. Il a été condamné hier à huit mois de prison ferme. « Il n’est plus l’heure du sursis » a requis le substitut du procureur Delpierre, en référence aux nombreuses condamnations antérieures du prévenu.

Ce prof d’anglais (qui vit du RSA) comparaissait pour avoir placardé, sur des affiches devant le palais de justice de Privas et sur son site internet, des accusations de pédophilie à l’encontre d’une magistrate, juge des enfants qui plus est. L’histoire a 10 ans. Les parents de la fillette se disant violée ne se sont jamais constitué partie civile, il n’y a eu aucune poursuite. Mais John Hodgkinson relaie ces accusations graves, et l’assume avec fierté. « Nous réclamons la peine de mort pour cela. » « C’est un idéaliste passionné » selon le psychiatre qui l’a expertisé. Passionné par la dénonciation d’un immense complot dont les magistrats sont une des clés de voûte, selon son site web.

« Vous vous pensez justicier mais ne respectez pas vous-même la présomption d’innocence… » regrette Me Bouthier-Perrier, partie civile. « La justice n’a pas besoin de gens comme vous, qui se disent journaliste, policier ou censeur. Elle a besoin de sérénité » ajoute le substitut du procureur. Réponse du prévenu : « Vive les enfants, et vive la France ! » Dans la salle, une dame éclate de rire. Pas les magistrats.